Journée mondiale de la mer – 27 septembre

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Qu’est-ce que la Journée mondiale de la mer?

La Journée mondiale de la mer, c’est la journée où l’on souligne le travail accompli par l’OMI, l’Organisation maritime internationale, une institution de l’ONU spécialisée dans la sécurité et la propreté des transports maritimes à travers le monde. Cette année, l’OMI célèbre ses 70 ans d’existence. Le thème que l’organisation a choisi pour la Journée mondiale de la mer 2018 est « OMI 70 : Notre héritage – de meilleurs transports maritimes pour un avenir meilleur ».
Cette thématique nous a donné envie de vous en apprendre plus sur la santé de notre planète bleue. Qu’en est-il de la pollution des océans? Avons-nous trouvé des solutions pour la contrer? Le sujet reste parfois dans l’ombre depuis l’accord de Paris, et même pendant les périodes électorales au Québec, la lutte aux changements climatiques ne semble toujours pas être le mot d’ordre.

D’où vient la pollution des océans?

Selon NOAA, une organisation scientifique américaine très réputée, environ 80% de la pollution des océans tire son origine du sol. Les pluies provoquent un ruissellement urbain qui transporte les substances chimiques des villes jusqu’aux océans. Les produits chimiques s’accumulent ensuite dans la chaîne alimentaire; les concentrations les plus élevées se trouvent chez les prédateurs (dont nous), ce qui résulte en un taux plus élevé de malformations et de maladies.

Nous avons bien sûr tous entendu parler des îles de plastique retrouvées dans nos océans. Bien que celles-ci soient de vrais dépotoirs flottants, ce n’est pas le pire. Les rayons UV du soleil dégradent les plastiques, ce qui crée une véritable soupe dans tout l’océan. Il s’agit de si petits morceaux que les animaux planctoniques ou les petits poissons peuvent les prendre pour de la nourriture. Vous l’aurez deviné, le plastique aussi s’accumule le long de la chaîne alimentaire, alors que les plus gros poissons mangent les plus petits, qui contiennent du plastique!

Il y a les changements climatiques, aussi! Le CO2 ne fait pas que réchauffer nos étés. Il « pollue » littéralement l’océan en réagissant avec l’eau pour la rendre plus acide. Cela a un impact désastreux sur de nombreux animaux. Les coquilles des mollusques et autres animaux se dissolvent, et les coraux meurent à un rythme alarmant.

Source: Simson Petrol, unsplash

Les bateaux polluent-ils l’océan?

L’OMI aborde les questions liées à la pollution des océans, du moins en ce qui concerne le trafic maritime. Les navires constituent selon l’OMI (et selon d’autres sources) le moyen de transport et d’exportation le moins dommageable pour l’environnement, produisant beaucoup moins de CO2 que les transports aériens et même que les trains et les camions. C’est donc une bonne nouvelle pour les poissons!

Les grands enjeux de la pollution par bateau sont cependant les déversements de pétrole et l’utilisation d’antifouling, soit un type de peinture recouvrant les coques des grands paquebots. L’antifouling contient des biocides (qui veut littéralement dire « tuer la vie ») pour empêcher toutes sortes d’animaux de se coller aux coques. Les environnementalistes aimeraient bien que l’on arrête leur utilisation, mais ce n’est pas évident : certes, les bateaux de pêche n’en ont pas besoin, mais les navires doivent les utiliser pour éviter d’amener avec leur cargaison une quantité astronomique d’espèces potentiellement envahissantes.

Source: Vidar Nordli Mathisen

Qu’est-ce qu’une espèce envahissante?

Les espèces envahissantes peuvent grandement nuire à la santé des eaux. Un bon exemple est la moule zébrée, originaire de la mer Noire, qui se trouve maintenant ici au Québec et dans les grands lacs [CP1] après avoir été emmenée non intentionnellement par bateau. Cette espèce se reproduit très rapidement et mange tout le plancton disponible dans les lacs. Il ne reste donc plus rien pour manger les algues, qui se multiplient à un point tel que nos poissons en souffrent. Pour ce qui est des déversements de pétrole, par contre, les chiffres sont très prometteurs. Dans les années 70, on perdait jusqu’à 600 000 tonnes de pétrole chaque année! Aujourd’hui, alors que le trafic par bateau est pourtant bien plus important, on n’en déverse qu’entre mille et dix mille tonnes par année.

Source: Giga Khurtsilava, unsplash

Qu’avons-nous trouvé comme solutions pour contrer la pollution des océans?

Une grande partie de la solution passe par la prévention et la sensibilisation de la population. Un pas de l’avant a déjà été fait; on utilise de plus en plus les sacs en papier ou les sacs réutilisables, et de nombreux restaurants ont cessé de servir des pailles en plastique. Mais les statistiques ont de quoi faire frissonner. Cette année, encore 500 à 1000 milliards de sacs en plastique seront produits, et ils continueront tous à dégager des produits toxiques une fois jetés. Certaines compagnies privées se sont également lancées dans la grande quête du ménage des océans, et développent d’impressionnantes technologies pour nettoyer les mers des débris en suspension. The Ocean Cleanup est l’une de ces compagnies, et le plus récent de ses systèmes a été lancé ce mois-ci. Il s’agit d’une côte artificielle de 600 mètres qui agit comme le vrai littoral alors que tous les débris viennent s’y accumuler. Une intéressante technologie, pourtant développée dans les années 70, pourrait aider dans les prochaines années à repeupler les récifs, qui ont perdu jusqu’à 80% de leur population en coraux depuis les 3 à 4 dernières décennies. Il s’agit de Biorock (maintenant une compagnie), qui fonctionne en plaçant des électrodes avec un faible courant dans l’eau, ce qui crée une accumulation de minéraux qui peuvent être utilisés par les coraux. Ce système est déjà en place dans plus de 20 pays!
Source: Patrick Hendry, unsplash
Pour son anniversaire, l’organisation lance sa toute première exposition itinérante qui ne sera présentée que dans quelques musées à travers le monde. Par chance, le Musée naval de Québec (qui est l’un des trois seuls musées à présenter l’exposition en Amérique du Nord) se trouve juste à côté de chez nous! Si vous passez par Québec dans les prochains jours, nous vous encourageons donc à  y jeter un coup d’œil.

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