Aquaculture ou pêche sauvage?

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Depuis les années 1980, l’aquaculture a pris une ampleur considérable à travers le monde et l’industrie de la pêche s’est transformée. Les bienfaits de l’élevage du poisson sont évidents. Cette méthode permet de répondre à une demande toujours plus grande et évite l’épuisement des populations de poisson sauvages.

Mais l’aquaculture est-elle la réponse à tous les défis de l’industrie de la pêche? Quoi choisir entre les produits d’élevage et ceux issus de la pêche?

Afin d’honorer le jour de la Terre qui concluait les festivités pascales cette année, nous avons pensé que partager un article sur l’aquaculture serait une belle manière de sensibiliser le public aux progrès environnementaux qui sont effectués par l’industrie de la pêche.

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Source:Poissons Koi, Kumiko Shimizu, unsplash

Qu’est-ce que l’aquaculture?

C’est tout simplement la culture de végétaux ou d’animaux en milieu aquatique. Il s’agit d’un art bien plus ancien que l’on croirait; il y a plus de deux mille ans, les Chinois élevaient déjà les Koïs! De nos jours, alors que la demande pour les produits de la mer est en constante augmentation, il est devenu impossible de répondre aux besoins de l’humanité entière par la pêche seulement, sous peine d’épuiser totalement les stocks sauvages. Ainsi, plus de la moitié des poissons et fruits de mer que l’on consomme proviennent de l’aquaculture. Au Canada, c’est plutôt le cinquième de notre production qui en dérive. Bien que cela semble relativement petit, l’aquaculture génère pourtant le tiers des revenus de notre industrie halieutique à elle seule! Le Canada produit surtout du saumon (plus des deux tiers des élevages) et des moules, ainsi que de la truite et des huîtres

Est-elle écologique?

 

Comme toutes les autres industries, l’aquaculture  est en constante amélioration et de nouvelles technologies plus vertes, et efficaces, sont développées par les groupes scientifiques. En ce moment, les piscicultures (aquaculture de poissons) sont majoritairement formées de cages en filet, qui n’offrent pas aux pisciculteurs autant de contrôle sur les déchets des poissons d’élevage qu’on le souhaiterait. Ces déchets finissent par sédimenter dans les fonds marins. 

 

Les bassins de confinement fermés offrent une alternative qui pourra, dans le futur, améliorer l’impact environnemental des piscicultures (allez consulter cet article d’Ocean Wise qui compare les différents types de pisciculture!). Il arrive, avec les bassins ouverts, que certains poissons s’échappent des cages et se retrouvent dans la nature. Dans ce cas, il y a un risque que les poissons d’élevage se reproduisent avec les poissons sauvages, ce qui peut avoir un effet néfaste sur la diversité génétique de ces derniers. Ce risque existe même avec l’apparition de techniques pour prévenir la reproduction des poissons d’élevage dans la nature, dont nous discutons dans notre article sur les OGM (à noter que cette technique n’a rien à voir avec celles utilisées pour les poissons-OGM).

Les certifications

Malgré tout, l’aquaculture demeure un choix judicieux avec les programmes BAP et ASC d’organisations qui veillent à ce que les produits d’aquaculture soient les plus responsables possible aux niveaux écologique et éthique; eh oui, il peut y avoir des lacunes au niveau du respect animal dans certaines piscicultures non certifiées: les poissons sont souvent entassés avec un haut taux de mortalité (jusqu’à 25%, est acceptable). Heureusement, certaines compagnies dans le domaine de l’aquaculture, comme True North, tiennent à coeur le développement durable et collectionnent les certifications!

True north seafood
Source:True North Seafood

Les produits d'aquaculture sont-ils une meilleure option que les ceux de la pêche?

Au Canada, nous pouvons être fiers de nos bonnes pratiques et de nos multiples pêcheries durables. Nous avons d’ailleurs partagé un article à ce sujet. Allez y jeter un coup d’oeil si vous l’avez manqué! L’aquaculture ne devrait pas remplacer la pêche, mais devrait plutôt agir comme complément en réduisant la pression exercée sur les populations sauvages ciblées par la pêche, tout comme le fait de varier ses choix de poissons. Les produits de la pêche peuvent être une option totalement écologique si vous optez pour des choix locaux ou des pêcheries certifiées durables, employant des méthodes de pêche non destructives. D’ailleurs nous vous invitons à visiter ce lien pour apprendre le fonctionnement des différentes techniques de pêche, ce qui vous permettra de mieux choisir vos produits de la mer.

Des applications au service des consommateurs

Effectivement, les certifications et les informations sur la traçabilité des produits haussent en popularité et sont au coeur des mesures prises pour assurer une consommation plus durable. Les programmes tels que Seafood watchSeachoice et Ocean Wise nous permettent, en tant que consommateurs, de s’informer et de faire des choix plus responsables.

Ocean bleu_Le Poissonnier_Unsplash
Source: Unsplash

Au final, visiter la poissonnerie est un peu comme une sortie au verger. Il est toujours favorable de cueillir quelques fruits à chaque pommier plutôt que de remplir son panier à partir du même arbre. Très vite, il sera dénudé de toutes ses pommes, au même titre qu’une population de poisson peut s’épuiser. La leçon du jour est donc la variété! Votre poissonnier vous encourage à tenter de nouvelles expériences à votre prochaine visite : c’est bon pour l’environnement, la santé et pour le moral (c’est bon, bon!). D’ici là, bon appétit!

REMERCIEMENTS

Nous remercions notre collaborateur Jean-Christophe Sicotte-Brisson, étudiant en biologie à l’Université du Québec à Montréal, pour la rédaction de cet article.

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